La France tiendra-t-elle jusqu’aux prochaines élections présidentielles ? Alors que le gouvernement Lecornu fait face à une énième crise interne, avec la « fronde » lycéenne, et qu’il vient de présenter un budget présentant de nouvelles hausses des dépenses et des prélèvements, nombre d’observateurs économiques tirent le signal d’alarme face à la crise financière qui prend forme.
« On est en train de se demander comment vont se passer ces élections apaisées, tel qu’on y va – là on y va franchement – cela risque d’être une crise financière extrêmement grave », a alerté le 1er octobre sur France TV l’économiste Philippe Dessertine, qui ne croit « absolument pas » que l’objectif de 5 % de déficit du PLF présenté par le gouvernement Lecornu sera tenu et qui souligne au passage que ce budget de « redressement » contient 42 milliards d’augmentation de dépenses.
Ce jour-là, le taux d’emprunt de la France sur le marché obligataire secondaire a atteint les 4,96 %, un record depuis juillet 2002, avant de revenir aux alentours de 4,92 % le 2 octobre, sur fond de léger reflux des cours de l’or noir. Dorénavant, le coût de la dette française dépasse les plus hauts qu'il avait atteint durant la crise financière de 2007-2008.
Le spread France-Allemagne flambe
Soulignons que dans le cadre du marché obligataire, dont le fonctionnement peut paraître au premier abord contre-intuitif, une hausse du rendement des obligations traduit une vente de ces dernières par leurs détenteurs : le taux monte alors afin de tenter les acheteurs.
Témoignage de cette défiance vis-à-vis de la France, alors que le phénomène affecte l'Europe et les États-Unis, le spread, à savoir l'écart entre le taux d'emprunt de la France et celui de l'Allemagne – qui fait figure de référence sur le Vieux continent – a dépassé les 150 points de base le 2 octobre, une première depuis fin 2011.
« Le réel nous rattrape », avait lancé sur X Sébastien Lecornu le 30 septembre, à la veille de la présentation du projet de budget de son gouvernement. Un budget de « redressement », avait-il promis. Un budget qui devrait notamment se traduire par une hausse des prélèvements obligatoires, et ce, alors même que la France figure sur le podium des pays où l'on taxe le plus.