Afrique

RDC : l’épidémie d’Ebola franchit le seuil des 4 000 morts

Selon l’Institut national de santé publique de RDC, l’épidémie a désormais fait 4 018 morts pour 8 300 cas confirmés, soit un taux de létalité de 48,4 %. Face à la propagation du virus, autorités sanitaires, communautés religieuses et médias locaux multiplient les initiatives de sensibilisation et de lutte contre la désinformation.

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo a franchi le seuil des 4 000 morts. Dans son bilan du 1er octobre, l’Institut national de santé publique (INSP) fait état de 4 018 décès parmi 8 300 cas confirmés dans les sept provinces actuellement touchées : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, la Tshopo et le Sud-Ubangi. Le taux de létalité atteint désormais 48,4 %, soit près d’un décès pour deux cas confirmés.

Selon l’INSP, 2 162 personnes ont guéri tandis que 842 patients sont actuellement hospitalisés ou placés en isolement. Le taux de suivi des personnes ayant été en contact avec des malades s’établit à 80,6 %. L’institut souligne toutefois que ces données restent évolutives et peuvent encore être ajustées après consolidation, validation et harmonisation des informations transmises par les provinces et les équipes chargées de la riposte.

L’épidémie, déclarée en mai, est désormais la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC. Elle est provoquée par le virus Ebola Bundibugyo et continue de s’étendre géographiquement malgré un ralentissement de la transmission observé dans certaines zones.

Les communautés religieuses mobilisées

Le ministère congolais de la Santé a indiqué le 1er octobre que les communautés religieuses avaient accru leur engagement dans la sensibilisation. Des responsables de différentes confessions se sont réunis au Centre d’accueil Caritas, à Kinshasa, pour examiner les moyens d’améliorer la diffusion des messages de prévention auprès des fidèles. Les discussions ont notamment porté sur la nécessité de transmettre des informations fiables, d’encourager les comportements permettant de réduire les risques de contamination et de combattre les rumeurs entourant la maladie.

Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a insisté sur le rôle que peuvent jouer les responsables religieux dans la prévention, mais également dans la lutte contre la stigmatisation des malades et de leurs familles. Cette mobilisation vise à restaurer la confiance entre les populations et les équipes sanitaires, alors que la désinformation et la méfiance envers les dispositifs de riposte compliquent encore la lutte contre l’épidémie.

Sensibilisation et lutte contre les rumeurs

Plusieurs initiatives ont parallèlement été lancées pour mieux informer la population sur les modes de transmission du virus et les comportements permettant de réduire le risque de contamination. À Bunia, dans l’est du pays, une campagne de sensibilisation a ainsi ciblé plus de 2 000 élèves du complexe scolaire Fabia, de la maternelle au secondaire. À Butembo, dans le Nord-Kivu, les personnes âgées ont également été encouragées le 1er octobre à participer à la diffusion des messages de prévention, notamment auprès des plus jeunes.

Les médias sont eux aussi mobilisés. À Beni, des journalistes ont suivi une formation consacrée au fact-checking et à la lutte contre les fausses informations relatives à Ebola. L’objectif est de mieux détecter les rumeurs susceptibles d’alimenter la peur, le refus des soins ou la méfiance envers les équipes sanitaires.

470 millions de dollars d’engagements supplémentaires

La riposte bénéficie également de nouveaux engagements financiers internationaux. La présidence américaine du G20 a annoncé, le 30 septembre, plus de 470 millions de dollars d’aide supplémentaire, portant à plus de deux milliards de dollars le montant total des promesses internationales depuis le début de l’épidémie.

Ces financements doivent notamment soutenir les centres de traitement d’Ebola, les services de santé, les équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés, l’acquisition d’équipements de protection ainsi que la surveillance et le suivi des personnes ayant été en contact avec des malades.